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Quand ne rien faire est le bon choix : sept situations

Vous saurez reconnaître les situations où l'examen, l'intervention ou le changement supplémentaire coûtent plus à votre animal qu'ils ne lui rapportent, et comment poser la question au vétérinaire.

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Devant un animal âgé, agir rassure celui qui agit. Il existe pourtant des moments où la meilleure décision est de ne pas ajouter un acte de plus, et cette décision-là se prend, elle ne se subit pas.

1. Un examen qui ne changera pas la conduite à tenir mérite d'être discuté

La question à poser tient en une phrase : si le résultat est mauvais, est-ce que nous ferons quelque chose de différent. Si la réponse est non, l'examen apporte un nom et rien d'autre.

Ce n'est pas toujours inutile : un nom apaise parfois, et permet de savoir à quoi s'attendre. Mais cela se décide en connaissance de cause, et pas par réflexe.

Pour un animal très âgé qu'un déplacement épuise, une matinée de manipulations a un coût qui ne se lit sur aucune facture.

2. Une anesthésie se pèse, elle ne se refuse pas d'avance

Refuser une anesthésie parce que l'animal est âgé est aussi peu réfléchi que l'accepter sans question. L'âge n'est pas une maladie, et beaucoup d'animaux âgés se réveillent très bien.

Ce qui compte est ailleurs : que dit le bilan sanguin, quel est le bénéfice attendu, et en combien de temps ce bénéfice se voit. Un acte qui améliore le confort dans la semaine ne se compare pas à un acte dont l'intérêt se mesure sur des années.

Demandez cette dernière question directement : dans combien de temps verra-t-on le bénéfice. Elle règle beaucoup de décisions à elle seule.

3. Le détartrage sous anesthésie à un âge avancé se discute vraiment

Une bouche douloureuse empêche de manger et rend les journées difficiles, et c'est un vrai motif d'intervenir même tard. Personne ne devrait laisser un animal vivre avec une dent qui fait mal.

Un détartrage purement esthétique ou préventif ne se situe pas au même endroit. Le premier soulage maintenant, le second protège un avenir que l'animal n'aura peut-être pas.

C'est exactement la distinction à demander au praticien : est-ce que nous traitons une douleur présente ou est-ce que nous prévenons une douleur future.

4. Changer l'alimentation d'un animal qui mange déjà peu attend

Un animal âgé qui mange peu et à qui on change brusquement son aliment mange souvent encore moins. La nouveauté ajoute une difficulté au moment où l'appétit est fragile.

Quand un changement est médicalement nécessaire, il se fait très progressivement, et le vétérinaire indique le rythme. Quand il vient d'une lecture ou d'un conseil de comptoir, il peut attendre.

Chez un animal en fin de vie, la question n'est plus de nourrir parfaitement. Elle est qu'il mange quelque chose avec plaisir.

5. Prendre un deuxième animal pour lui tenir compagnie est rarement une bonne idée à cet âge

L'intention est bonne et l'idée circule beaucoup : un jeune compagnon le stimulerait, l'empêcherait de se laisser aller. Pour un animal âgé, fatigué et parfois douloureux, un jeune animal est surtout du bruit, du mouvement et un territoire à repartager.

Cette décision se prend souvent pour anticiper le vide qu'on redoute, ce qui est compréhensible. Elle se prend alors pour l'humain, et elle se paye par l'animal âgé qui perd ses repères au plus mauvais moment.

Rien n'empêche d'adopter après. Le calendrier vous appartient, et il n'y a pas de durée correcte.

6. Laisser dormir vaut mieux que tenir un rituel

La promenade de dix-huit heures, le jeu du soir, la séance de brossage : ces rendez-vous ont structuré des années et on les tient par fidélité. Un animal âgé qui dort profondément n'a pas besoin qu'on les honore à sa place.

Réveiller pour sortir un animal qui vient enfin de trouver une position sans douleur est une gentillesse qui fait mal. Proposez, et acceptez le refus.

Un rituel garde sa valeur tant qu'il fait plaisir à celui qui le reçoit. Après, il ne fait plaisir qu'à celui qui le donne.

7. Ne rien faire n'est pas ne rien décider

Il y a une différence entre choisir de ne pas intervenir et laisser les choses se dégrader faute de décision. La première est une position tenue, la seconde est un abandon déguisé en patience.

Une abstention qui se décide s'écrit : ce qu'on ne fera pas, ce qu'on surveille, et ce qui nous ferait changer d'avis. Ce dernier point est le plus important, parce qu'il fixe à l'avance le moment où l'on rouvre le dossier.

Et l'abstention ne concerne jamais le traitement de la douleur. Ne rien faire de plus, oui. Ne pas soulager, jamais.