Vous saurez faire la difference entre une habitude sociale ordinaire, une habitude que vous avez installee sans le vouloir, et un changement qui merite un avis.
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Il se leve quand vous vous levez, il vous suit dans la cuisine, il attend derriere la porte de la salle de bain. C'est touchant, et ce n'est pas une seule chose.
Beaucoup d'animaux qui vivent en groupe se deplacent avec le groupe. Un chien qui change de piece quand vous changez de piece applique une regle tres simple et tres ancienne.
Chez le chat, la meme chose existe sous une forme differente : il ne colle pas, il repositionne. Il arrive quelques minutes apres vous et s'installe a distance moyenne.
Le suivi, en soi, ne demande rien. Il devient une question seulement s'il s'accompagne de tension, d'insistance, ou s'il empeche l'animal de se reposer.
Un animal peut vous suivre toute la journee et rester parfaitement calme des que la porte se ferme. Un autre peut vous ignorer tout l'apres-midi et s'effondrer quand vous partez.
Les deux se confondent facilement parce qu'on les observe au meme endroit : chez soi, en presence. Or seul l'un des deux se lit en presence.
Ce qui distingue vraiment n'est pas la proximite mais ce qui se passe apres votre depart. Tant que vous n'avez rien sur cette periode, vous n'avez qu'une moitie de l'information.
Si chaque passage dans la cuisine se termine par quelque chose, un morceau, un mot, une caresse, le trajet vers la cuisine devient interessant en lui-meme.
Ce n'est pas une faute, et ce n'est pas grave. C'est simplement une habitude construite a deux, dont une moitie ne s'en souvient pas.
Elle se defait comme elle s'est faite : en cassant la regularite, pas en repoussant l'animal. Des passages qui ne donnent rien, la plupart du temps, suffisent a rendre le trajet moins rentable.
Une salle de bain, une chambre, une porte fermee une minute : c'est la version miniature de votre absence, et c'est la seule que vous pouvez observer directement.
Regardez ce qui se passe derriere. S'installer contre la porte et attendre est une chose. Gratter, vocaliser sans s'arreter, haleter, ne pas se calmer quand vous ressortez en est une autre.
Ce n'est pas un diagnostic. C'est une indication, et c'est ce que vous pourrez decrire precisement a un veterinaire si un jour la question se pose.
Un animal qui vous a toujours suivi et continue de le faire raconte sa personnalite. Un animal qui ne le faisait pas et s'y met a huit ou douze ans raconte autre chose.
Quand la vue baisse ou que l'ouie s'en va, rester pres du seul reperage fiable devient logique. La douleur produit aussi ce rapprochement, de meme que certains troubles lies au vieillissement.
C'est pour cette raison qu'un changement tardif se mentionne a un veterinaire, meme quand il ressemble a un simple surcroit de tendresse.
Chez beaucoup de chats, suivre releve de la surveillance du territoire autant que du lien. Vous etes une source d'evenements : portes qui s'ouvrent, placards, eau, mouvements.
La preuve se voit dans la distance choisie. Un chat qui vous suit puis s'installe a deux metres n'est pas venu pour le contact, il est venu pour la scene.
Le prendre dans les bras a ce moment-la interrompt souvent ce qu'il etait venu faire. Le laisser s'installer donne generalement une compagnie plus longue.
Etre suivi est agreable. On se sent choisi, et on encourage sans y penser ce qui produit cette sensation.
L'envers apparait le jour ou l'on culpabilise de fermer une porte, de sortir seul, de ne pas ceder. Cette culpabilite n'aide pas l'animal, elle vous deplace.
Un animal capable de rester dans une autre piece sans drame possede une competence utile pour toute sa vie. La lui laisser construire est un service, meme si cela ressemble, ce jour-la, a une petite trahison.