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Caresser un animal : ou, combien de temps, et quand arreter

Vous saurez reconnaitre la difference entre un animal qui apprecie un contact et un animal qui l'endure, et vous saurez quoi faire de cette difference.

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La caresse est le geste le plus spontane de la vie avec un animal. C'est aussi celui ou l'on projette le plus, parce qu'il nous fait du bien avant de lui en faire.

1. Les zones bienvenues ne sont pas celles qu'on croit

La main humaine part spontanement vers le sommet du crane, parce que c'est ce qui est a portee quand on se penche. C'est, chez beaucoup d'animaux, la zone la moins appreciee : elle arrive par au-dessus, hors du champ de vision.

Les joues, la base des oreilles, le poitrail, le cote du cou sont plus souvent acceptes. Ce sont des zones que l'animal voit venir et qu'il peut quitter.

La regle utile tient moins a la carte du corps qu'a la trajectoire de la main. Une main qui arrive par-dessous et de face est mieux recue que la meme main arrivant par le dessus.

2. La direction du dos et le bas des reins

Le long du dos, dans le sens du poil, est generalement neutre ou agreable. La base de la queue et les reins sont beaucoup plus variables selon les individus, et deviennent sensibles avec l'age.

Chez un animal qui vieillit, une zone longtemps appreciee peut se fermer sans annonce. Ce n'est pas un changement d'humeur, c'est souvent une articulation.

Notez ce qui change plutot que ce qui est. Une zone qui etait acceptee et ne l'est plus est une information ; une zone qui n'a jamais ete acceptee est une preference.

3. L'etreinte n'est pas un langage partage

Serrer dans les bras est un geste humain. Il immobilise. Chez un animal, l'immobilisation par un autre corps appartient rarement au registre affectueux.

Beaucoup de chiens et de chats le tolerent avec leur propre famille, et on prend cette tolerance pour du plaisir. Regardez les details au moment ou vous serrez : tete tournee, corps raide, levres tendues, queue immobile.

Ce n'est pas une interdiction, c'est une reevaluation. Si vous tenez a ce geste, gardez-le court, et laissez toujours une issue : le bras qui entoure ne doit pas fermer.

4. Caresser un animal qui dort coute quelque chose

Le sommeil se paie en cycles. Une main posee sur un animal endormi le fait remonter d'un cran, meme s'il ne se leve pas et ne proteste pas.

Chez un jeune animal, chez un animal age, chez un animal qui se remet de quelque chose, ces interruptions repetees pesent plus qu'on ne le suppose.

Le geste le plus genereux est souvent de ne pas le faire. Le laisser dormir n'est pas une absence d'attention : c'est de l'attention qui ne demande rien en retour.

5. Un animal qui reste n'est pas forcement d'accord

Rester immobile pendant qu'on le touche peut vouloir dire apprecier, mais aussi attendre que ca passe. Les deux se ressemblent de loin et ne se ressemblent pas de pres.

Il existe un test que vous pouvez faire vous-meme, sans materiel : caressez, puis retirez la main et ne faites plus rien. Un animal qui appreciait revient vers la main, pousse, se replace. Un animal qui endurait s'eloigne, se secoue, ou se remet a faire autre chose.

Refaites ce test de temps en temps, pas une fois pour toutes. La reponse varie selon le jour, l'endroit, ce qui se passait avant.

6. Le contact change avec l'age, dans les deux sens

Certains animaux deviennent nettement plus demandeurs en vieillissant, d'autres se retirent. Les deux evolutions sont ordinaires et ne disent rien de la qualite de la relation.

Ce qui merite attention, c'est la vitesse du changement. Une evolution sur des mois se vit. Un basculement en quelques jours se signale.

Chez un animal qui perd la vue ou l'ouie, annoncez toujours la main avant de toucher : une vibration sur le sol, un mot, une ombre dans son champ. Etre touche sans avoir vu venir est desagreable pour a peu pres tout le monde.

7. Les mains des invites obeissent a votre regle, pas a la leur

Un visiteur qui tend la main vers un animal ne connait ni ses zones, ni son humeur, ni son histoire. Il applique une habitude.

La phrase qui regle la situation est courte et se dit avant l'entree, pas apres : laissez-le venir, ne vous penchez pas au-dessus de lui, et arretez si je le dis.

Avec un enfant, la regle se double d'une surveillance physique. Ce n'est pas une question de confiance dans l'animal : c'est qu'un enfant ne lit pas les signaux d'arret, et que l'animal, lui, les a deja envoyes.